
J’ai le vertige.
On a changé d’heure et malgré le gain je suis encore plus crevée.
On croit être tiré d’affaire, on croit avoir pris de la hauteur, on croit être bien tout là haut et puis tout à coup…VLAN…un putain de vertige qui donne envie de vomir, envie de crever.
Je suis masochiste.
J’ai cédé à la tentation sans même être partie sur l’île.
Un lundi d’halloween qui fait froid dans le dos et me glace le sang qui n’arrive même plus à faire un tour dans mes veines bouchées par le cholestérol.
J’ai fouillé dans les affaires intimes de Copine.
Bouhou !! C’est mal..
Je savais en commençant la lecture que je n’exposais pas seulement mes yeux à la souffrance. Mon cœur a vraiment morflé aussi.
C’est dur.
Dur de casser le carreau de l’âme de quelqu’un pour trouver des réponses à des questions non formulées, de s’introduire dans un endroit si vierge sans venir le souiller.
C’est un joli petit carnet rouge à spirale.
Un blog low-tech en quelque sorte.
Il y a de jolis dessins. Des dessins tristes et noirs au crayon à papier. Des dessins qui font peur.
Copine y fait parler sa bile. Elle est noire et amère, glacée.
Je n’y suis jamais moi dans ce carnet rouge à spirale.
Pourtant ça parle d’amour vrai et fort.
Chaque page qui passe est une larme de plus sur ma joue. J’ai envie de crever.
Copine parle d’Ex.
Beaucoup.
Oui.
Elle crache son amour.
Elle hurle avec le crayon.
Au fil du carnet rouge, je comprends que si Copine a quitté Ex, c’est seulement pour la forcer à se dévoiler, juste pour voir si cette dernière est capable de la rattraper.
Ex a été trop lente à comprendre.
Ex n’a pas su courir assez vite.
Et moi j’ai tiré Copine par le bras pour accélérer encore et creuser un peu plus l’écart.
Au fil du carnet à spirale,je comprends que Copine a vraiment envie de me donner une place à part dans sa vie qui reprend.
Elle a envie, certes, mais je comprends aussi qu’elle en est incapable.
Elle aimerait mais ne peut pas.
Ex est toujours là et Copine ne parvient pas à la laisser partir.
Je suis perdue. Je grelotte toute seule, nue dans la pièce obscure.
J’entends de la musique triste et des guitares fortes dans mes oreilles.
Elle est où la caméra ?
Je souffre ou j’ai envie de souffrir ?
Pourquoi ai-je déterré ce carnet rouge ? Pourquoi est-ce que je m’inflige tout cela ? Pourquoi est-ce que j’associe autant l’amour à la souffrance ?
Je préfère souffrir en apprenant la vérité plutôt que de pleurer demain toujours à cause de la lâcheté.
Ca me fait gerber de rêver une nuit sur deux d’Ex, ça me fait saigner de ne pas toujours bien comprendre la détresse de Copine et d’admettre qu’elle n’est que le produit de son existence passée.
Je ne veux pas tout effacer et la rendre amnésique, ça non.
Je voudrais simplement occuper dans sa vie une place qui ne sente pas le réchauffé. Et ça, cela serait trop lui demander ?
Le 31 octobre, le jour et la nuit se confondent. Les monstres et les Démons remontent à la surface. Et moi j’aimerais me débarrasser de ce déguisement ridicule de citrouille. C’est bien une courge la citrouille…non ??