20.2.06

Tennis Elblues




J’aurai voulu être plus sportive,
pour pouvoir faire mon numéro,
arrêter de me lever tous les matins tôt
pour aller au bureau,
vivre en jogging sans bouton,
avoir les cheveux collés par la transpiration,
aller toujours plus vite et de l’avant,
voyager en équipe,
sans avoir à tenir le volant
me faire masser sans le demander,manger sainement,
me défoncer aux médicaments,
avoir la cuisse ferme et le bras volontaire,
être à la retraite à 35 ans,
avoir toutes les filles mal coiffées aux ongles courts à mes pieds,
et ne me taper que des stars de la TV.

Au lieu de ça, je végète face à mon écran,
le cul trop gros vissé sur une chaise JPG,
ma liberté se restreint comme une peau de chagrin,
et j’ai du mal à passer entre les gouttes
qui coulent de mes yeux trop tristes de lamentin.

Vivement Roland Garros !

22.12.05

Mary Kris Moss




- Qu'est-ce que tu fais à Noël ?
- à Noël je jongle et toi ?

12.12.05

Lock In Syndrom




Je ne sais pas si c’est l’approche des fêtes de fin d’années et le cortège de tralalas induits qui me met dans cet état, mais en ce moment j’en veux à la terre entière et je suis insatisfaite.

C’est comme si le rapprochement forcé qui s’effectue entre tous les êtres de la planète en cette période de regroupement familial durant laquelle les mots paix, amour et bonne bouffe sont sur toutes les lèvres, me rendait claustrophobe et me laissait si seule dans mon corps…j’ai peur de ne bientôt pouvoir communiquer avec l’extérieur que par battement de cils tellement j’ai l’impression que les mots et les gestes sont inefficaces pour traduire ce qui se passe à l’intérieur de mon corps qui a froid.

Bon, c’est peut être aussi ces règles douloureuses que je n’attendais plus qui font passer le rouge et blanc de la magie de Noël pour du noir et du noir..
Pourtant c’est vraiment pas du chiqué et le billet d’humeur illisible d’une lesbienne parisienne triste, déprimante, dépressive et déprimée…

Plusieurs questions en attente d’infirmation :

- qui trouve ça démentiel de claquer le salaire qu’il n’a pas pour gâter la petite cousine dont on connaît à peine le prénom, sans parler de la grande tante pour laquelle on se fend d’une bougie parfumée alors qu’elle ne sera pas sous le sapin puisqu’elle est dans le sapin à six pieds sous-terre ?

- qui prend plaisir à courir s’enfermer dans les grands magasins et à errer dans les rayons en quête d’idées intéressantes alors que c’est chez le poissonnier qu’on y pêche les meilleures ?

- qui est super enthousiasmée par la perspective de devoir faire semblant d’être émerveillée par le joli petit ensemble «gant-echarpe-bonnet » en laine qui gratte offert par tatie, voire la crème pour le corps Roger Gallet qu’il va falloir faire semblant d’utiliser ?

- qui trouve ça « trop top » de poser deux jours de congés sans solde pour se retrouver à déguster du foie d’animal à plume gavé, des limaces à coquilles, des crustacés vivants qui sentent, et de la dinde fourrée par sa grand mère avec des individus avec lesquels on a de commun rien de plus que le nom de famille ?

- qui peut me regarder dans les yeux là maintenant tout de suite et me dire sans cligner qu’il a plein de projets dans la tête et de bonnes résolutions dans les mains en vue de la fin de l’année et de la nouvelle qui s’approche ??


Noël ça fait perdre la boule et il en faut tellement pour décorer un sapin…

1.12.05

C'est ton destin !





En CE2 , quand on me demandait de me projeter dans l’avenir, je répondais : Princesse pour le statut et Maîtresse d’école pour subvenir à mes besoins.

En 6ème, je suis rentrée dans une période « prof de gym », la vie en jogging, les élèves toujours sympa, le stade tous les jours, la vie au grand air, les Conseils de classe qui ne pèsent pas...

En 4ème c’était devenu évident : je serai actrice, actrice-comedienne comique, je travaillerai dans le show business, sans pour autant donner mes fesses.

En 2nde j’ai décidé d’être « réalisatrice de films », de fréquenter les actrices. Ouais. Faire des films, raconter des histoires, partir à Cannes l’été, à Sundance l’hiver, passer sur Canal Plus…

En terminal, je confiais à mon conseiller d’orientation, les yeux pétillants et le carré toujours aussi dynamique : « Ca y est, je crois que je suis fixée. Je veux faire médecine et trouver un vaccin contre le Sida !! »

En première année de Droit, j’ai décidé de bosser dans la publicité, j’avais envie de passer mes journées à fumer des joints pour pêcher des idées, à rêver à des trucs que SONY fera, à trouver que SEB c’est vraiment bien…

En maîtrise de Droit des Affaires et Fiscalité, il était devenu évident que je serai acheteuse de programme pour une chaîne de télévision, en tailleur pantalon, ma vie entière dans des avions, l’oreillette dans le bon trou et la langue pendue, des copains-clients avec qui on rigole que de devant.

Finalement aujourd'hui je suis prisonnière dans un putain de bureau doré dans lequel je dois chaque jour m'inventer un métier. Aujourd’hui je suis cadre…je suis cadre et je suis seule..je passe mon temps à brasser de l’air, pas mal de vent et parfois des euros aussi..
A bientôt 30 ans j’en suis réduite à me battre pour une augmentation, à tout faire pour que ma mutuelle soit prise en charge par mon patron...à n'ouvrir ma gueule que pour obtenir des tickets resto…

Aujourd’hui je pleure mon survêt’ et mes Nikes assorties…sans parler des jeunes filles en jogging axquelles je n'aurais su résister..

25.11.05

Le temps passe comme les voitures...




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14.11.05

Drunken Masters




Je crois que j’ai une faculté de récupération hors norme.
C’est pas pour me jeter des fleurs…nan.
En faite je crois que je suis une vraie Drama-Gouine..oui. j’avoue, j’aime la passion, le drame, la morve et le crachat.
J’ai enterré le carnet rouge.

Le soir de ma découverte, en bon chien fou, je me suis ruée sur l’alcool et les dancefloors (pas de pute et pas de coke donc bon..).

Vers 3h du mat’, après plusieurs centilitres de Vodka frelatée, mon œil dilaté se pose sur une fille floue et jolie de loin.
Je cligne et re-cligne.
Elle me regarde également.
On se rapproche.
Et là je réalise que c’est Ex qui bouge difficilement son petit cul sur la piste.
Sa pupille est aussi artificielle que la mienne et les mots traînent dans sa bouche autant qu’ils s’accrochent à mes lèvres.

Ex : « Salut ! »

Moi : « Yo ! »

Ex : « T’as déconné là ! on fouille pas dans les affaires de Copine impunément »

Moi : « Ah ? T’es au courant ? euh..tu sais si elle a prévenue ma Mère aussi ? »

Ex : « Copine c’est une fille incroyablement compliquée..tu devrais faire attention. Et puis tu sais, ça ne pourra jamais marcher entre vous. On ne se remet pas comme ça d’une histoire de sept années..Copine a besoin d’être seule avant d’être avec quelqu’un »

Moi : « J’te remets une petite bière ? Allez, c’est pour moi ! Ca me fait plaisir..c’est cadeau….
Tu sais, je crois qu’on vit un peu une histoire à trois : si tu n’es pas heureuse, Copine n’est pas heureuse, et si Copine n’est pas heureuse, et bah moi je pleure au petit déjeuner, et j’ai tendance à bouffer des Alpen et à délaisser les Chocopops…! Alors je t’en conjure : remets toi et vie bien ! »

Ex : « le problème c’est que Copine elle t’assume pas devant moi..elle n’a jamais été capable de me dire en face qu’elle tenait à toi.. »

Moi : « Hmmmmmm…j’te remets une petite bière ? Allez, c’est pour moi ! Ca me fait plaisir..c’est cadeau…
Copine elle ne pourra pas m’assumer tant que tu ne la libéreras pas..tant que tu lui feras payer votre rupture en la faisant culpabiliser…alors que je suis persuadée qu’au fond..ça faisait un bail que tu avais envie de la quitter…la preuve..t’as jamais trop essayer de la rattraper…»

Ex : « heu..hmmm…Je t’offre une petite Vodka là ? »

C’est fou comme l’alcool permet de faire sonner tout haut le Blob intérieur.
J’ai fini la soirée à quatre pattes, mais parfois c’est tellement plus facile d’avancer tout près du sol plutôt que debout sur ses deux jambes.

31.10.05

Lundi gras




J’ai le vertige.
On a changé d’heure et malgré le gain je suis encore plus crevée.
On croit être tiré d’affaire, on croit avoir pris de la hauteur, on croit être bien tout là haut et puis tout à coup…VLAN…un putain de vertige qui donne envie de vomir, envie de crever.

Je suis masochiste.
J’ai cédé à la tentation sans même être partie sur l’île.
Un lundi d’halloween qui fait froid dans le dos et me glace le sang qui n’arrive même plus à faire un tour dans mes veines bouchées par le cholestérol.

J’ai fouillé dans les affaires intimes de Copine.
Bouhou !! C’est mal..
Je savais en commençant la lecture que je n’exposais pas seulement mes yeux à la souffrance. Mon cœur a vraiment morflé aussi.
C’est dur.
Dur de casser le carreau de l’âme de quelqu’un pour trouver des réponses à des questions non formulées, de s’introduire dans un endroit si vierge sans venir le souiller.

C’est un joli petit carnet rouge à spirale.
Un blog low-tech en quelque sorte.
Il y a de jolis dessins. Des dessins tristes et noirs au crayon à papier. Des dessins qui font peur.
Copine y fait parler sa bile. Elle est noire et amère, glacée.
Je n’y suis jamais moi dans ce carnet rouge à spirale.
Pourtant ça parle d’amour vrai et fort.
Chaque page qui passe est une larme de plus sur ma joue. J’ai envie de crever.

Copine parle d’Ex.
Beaucoup.
Oui.
Elle crache son amour.
Elle hurle avec le crayon.
Au fil du carnet rouge, je comprends que si Copine a quitté Ex, c’est seulement pour la forcer à se dévoiler, juste pour voir si cette dernière est capable de la rattraper.
Ex a été trop lente à comprendre.
Ex n’a pas su courir assez vite.
Et moi j’ai tiré Copine par le bras pour accélérer encore et creuser un peu plus l’écart.

Au fil du carnet à spirale,je comprends que Copine a vraiment envie de me donner une place à part dans sa vie qui reprend.
Elle a envie, certes, mais je comprends aussi qu’elle en est incapable.
Elle aimerait mais ne peut pas.
Ex est toujours là et Copine ne parvient pas à la laisser partir.

Je suis perdue. Je grelotte toute seule, nue dans la pièce obscure.
J’entends de la musique triste et des guitares fortes dans mes oreilles.
Elle est où la caméra ?
Je souffre ou j’ai envie de souffrir ?
Pourquoi ai-je déterré ce carnet rouge ? Pourquoi est-ce que je m’inflige tout cela ? Pourquoi est-ce que j’associe autant l’amour à la souffrance ?
Je préfère souffrir en apprenant la vérité plutôt que de pleurer demain toujours à cause de la lâcheté.

Ca me fait gerber de rêver une nuit sur deux d’Ex, ça me fait saigner de ne pas toujours bien comprendre la détresse de Copine et d’admettre qu’elle n’est que le produit de son existence passée.
Je ne veux pas tout effacer et la rendre amnésique, ça non.
Je voudrais simplement occuper dans sa vie une place qui ne sente pas le réchauffé. Et ça, cela serait trop lui demander ?

Le 31 octobre, le jour et la nuit se confondent. Les monstres et les Démons remontent à la surface. Et moi j’aimerais me débarrasser de ce déguisement ridicule de citrouille. C’est bien une courge la citrouille…non ??